Eric Donfu




A la table de Grand-mère : le rôle et la place de la grand-mère dans l’éducation alimentaire de ses petits-enfants et dans la transmission familiale par la nourriture
Etude présentée à l’occasion de la fête des grands-mères réalisée en 2006 par DRS Dialogues et Relations Sociales
auprès des grands-mères, des arrières grands-mères et des enfants de 8 à 15 ans.

Eric Donfu,
Sociologue, président de DRS

5 mars 2006


-----------ATELIER D’ETUDES SUR LES TRANSFORMATIONS DE LA SOCIETE CONTEMPORAINE -------------

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Résumé

La table de grand-mère, un éternel paradis gourmet ? Pas si simple. Notre précédent sondage avait révélé que si 85% des grands-mères gardaient leurs petits enfants, au moins occasionnellement, 65% sortaient au restaurant avec eux et seulement 45% faisaient la cuisine pour eux. Notre étude qualitative révèle la complexité et la portée de ces assiettes, concentrés de sentiments mijotés…

Il est vrai que grand-mère reste le foyer central de la famille, l’organisatrice des fêtes familiales et la mémoire gustative. Son rôle est encore plus important aujourd’hui car le travail des femmes s’étant généralisé, elle a plus de temps pour faire la cuisine et elle ne prend généralement pas la préparation du repas comme une corvée.

De plus, les « nouvelles grand-mères », celles qui ont eu 30 ans dans les années 70 n’ont pas eu, comme leurs mères dans les années 50, à se libérer des tâches ménagères et du modèle de leurs propres parents. Les cinquante dernières années ont en effet vu la métamorphose de la ménagère. Après la révolution des arts ménagers de 1950, une seconde révolution « surgelée », au cours des années 80, a modifié les comportements. Le taux d’équipement des foyers en fours à micro-ondes est ainsi passé de 0 à 72% entre 1970 et 2003 et celui des congélateurs de 6 à 55%. Dépassant y compris la nouvelle « cuisine d’assemblage » les nouvelles mamies sont libres de revisiter le rôle de grand-mère gâteaux, et de s’émanciper du micro-onde et du congélo. Certaines, de plus en plus nombreuses, ne s’en privent pas. Et leurs motivations peuvent aussi surprendre…

Pour au moins 64% qui se déclarent proches de leurs petits enfants, elles veulent d’abord faire plaisir, être complice avec eux. Mais elles peuvent aussi, en régalant leurs petits enfants, exaspérer leurs propres filles à qui elles n’ont, bien sûr, pas appris le savoir-faire que leurs mères leur avaient transmis. Car, si 71% des français ont appris à cuisiner avec leurs parents ou leurs grands-parents, 45% des plus de 50 ans déclarent ne pas avoir appris à cuisiner à leurs enfants. Si la cuisine reste encore un privilège des lignées féminines, il n’est pas toujours partagé, et il reste des grands mères allergiques aux casseroles.

Elles peuvent aussi prendre le contre-pied de l’éducation de leurs enfants, rigide à table quant ils sont souples, souple quand ils sont rigides. Les grands mères se permettent d’ignorer les interdits et se laissent facilement attendrir par des petits-enfants à qui rien n’échappe. Un simple bonbon, qui n’est jamais aussi bon que lorsque c’est elle qui le donne, peut créer la polémique. Elles savent aussi utiliser l’arme culinaire contre l’autre grand-mère ou sa belle fille, le jeu étant de faire apparaître l’autre comme indigne.

Même si des vacances prolongées chez la grand-mère peuvent apporter quelques kilos au petit enfant, ce sont bien elles qui peuvent prévenir les troubles du comportement alimentaire par l’éducation au goût et la réhabilitation de la cuisine familiale et la cuisine faite en famille. Alors que le temps consacré à la préparation des repas chute régulièrement (36 minutes contre 44 il y a quelques années) ce sont bien elles qui peuvent le mieux réhabiliter le « fait maison » face à la suprématie du « tout prêt ». Alors que les parents n’ont pas toujours le temps de faire le marché en semaine, elles contribuent à diversifier l’alimentation de leurs petits enfants, par des légumes et des produits frais.

Pour toutes les familles, nombreuses, monoparentales, éclatées ou recomposées, la table de grand-mère est un espace de convivialité réconfortant. Quand quatre voire cinq générations cohabitent, créant ainsi la « famille verticale », la cuisine devient généalogie, culture, rite, en France comme dans toutes les cultures du monde, qu’elles soient rurales, urbaines, privilégiées ou précaires. La grand-mère cuisine, elle ne fait pas « à manger ». Foyer de l’identité familiale, la cuisine de grand-mère est sacrée.

Gourmandes elle-même elles prenne prétexte de leurs petits enfants pour se faire plaisir. Ce qui pousse certaine à prendre des leçons de cuisine, à s’essayer aux confitures, gelées, compotes et moelleux aux chocolat…

Même si le déjeuner de semaine est souvent négligé et les en-cas multipliés les Français retrouve le sens et le goût de la cuisine, plus de temps passé au petit déjeuner et à table en famille. La pièce préférée dans l’appartement est celle où se trouve la cuisinière. Parallèlement au nomadisme alimentaire, les préoccupations nutritionnelles et la vigilance se développent.

Le cadre est donc posé pour un « retour de la cuisine », et, de façon corrélative, pour la pleine expression du lien « nourricier » entre la grand-mère et son petit enfant. Négligée, la transmission par la nourriture devient un sujet d’étude à part entière. Le contexte permet même d’envisager, de générations en générations, un retour, réactualisé mais conforme, des cours « d’économie domestique » qui ont fait le succès des livres de Mme Millet-Robinet à l’époque de la comtesse de Ségur, en 1854, et pendant un siècle. L’enseignement de la cuisine revient par la diététique, il doit aussi revenir par le plaisir, comme celui qui régale et comble, chez sa mamie, la fringale de l’adolescent…

Avant propos : Pourquoi ce thème de la « transmission par la nourriture » ?

La transmission de la mémoire familiale par les grand mères se fait aussi au quotidien, dans la banalité des activités ; elle passe par des gestes, des façons de faire et d’être. On sait notamment l’importance de la nourriture dans la relation aux grands-mères : elles aiment particulièrement confectionner plats et gâteaux pour leurs petits-enfants et si possible même transmettre des recettes. Pour celles qui n’ont pas la chance d’être des cordons bleus, il existe des cours de cuisine qui leur permettront de valoriser un savoir tout neuf auprès des petits, juste pour avoir le plaisir de ‘faire ensemble’, mettre les ‘mains dans la farine’, ou transmettre un savoir diététique, si précieux pour la santé.

Les histoires familiales sont pleines de recettes de cuisine et les « plats de grand-mère » restent dans les mémoires. Il est vrai que les grands-mères ont souvent le temps et le goût de cuisiner pour leurs petits enfants. Mais, lorsque c’est le cas, ce n’est pas sans risques de conflits avec ses filles et ses belles filles, ni sans confrontation avec les mauvaises habitudes alimentaires de leurs petits enfants, qui peuvent même conduire au surpoids et à l’obésité. Le rôle des grands-mères cuisinières n’est donc pas assez souligné, d’autant plus qu’elles ne sont plus majoritaires, contrairement aux images traditionnelles. Il faut donc revaloriser la transmission familiale par la pratique culinaire, sensibiliser les grands-mères à l’enjeu de l’équilibre alimentaire des enfants, sans dessaisir les parents, ni imposer leur nourriture aux enfants. La fête des grands-mères 2006 peut donc être l’occasion, sur la base d’une nouvelle étude sociologique, de célébrer les grands-mères cuisinières et d’en faire le portrait… pour susciter toujours plus de vocations !

Qui sont ces grands-mères à croquer ?

Quelle image plus rassurante et quotidienne que Mamie mettant au four un gâteau pour ses petits-enfants ? Il est vrai que les grands-mères ont du temps pour cuisiner, et que beaucoup y prennent plaisir. Notre approche nuance cependant cette idée reçue, tout en révélant l’actualité nouvelle et l’enjeu du lien « alimentaire » entre les grands-mères et leurs petits enfants.

Quelle est donc aujourd’hui la place, dans la relation particulière d’une grand-mère avec ses petits-enfants, de cette « transmission par la nourriture » ?

Mars 2006 : C’est la fête, Grands-mères à l’honneur et retour de la cuisine

La structure familiale a changé. Elle est devenue verticale, avec souvent la présence de quatre générations. Le succès de la fête des grands-mères le prouve : Mars 2006 est bien le printemps des grands-parents. 85% grands-mères savent se rendre disponibles pour leurs petits-enfants et 65% se disent très proches d’eux. Selon une étude de DRS, Les activités les plus pratiquées ensemble sont la promenade suivie des jeux de société, de la lecture et de la cuisine. Les « nouvelles grands-mères » mais aussi les plus âgées sont de plus en plus nombreuses à avoir un téléphone portable et à se mettre à surfer sur Internet grâce à leurs petits-enfants ! Dans le même temps, les familles retrouvent le plaisir des repas en famille. La cuisine est devenue la pièce préférée de la maison. Selon un sondage Sofres de janvier 2006, les français souhaitent que leur repas soit savoureux (67%), convivial (65%) et équilibré (51%) mais avant tout, l’aspect économique l’emporte (91%). En tous cas, qu’il s’agisse d’exigeants, d’utilitaire, d’épicurien, de nostalgique, de désabusé ou de pessimistes, il existe une réelle différence entre les catégories sociales dites « favorisées » qui privilégient les notions de plaisir et de convivialité et les catégories plus populaires et les personnes ayant des enfants de moins de quinze ans en charge qui privilégient l’équilibre des repas.

Mais la société est déréglée : stress, repas déstructurés, surpoids (18%) obésité (4%) pour les enfants

En effet, le stress au travail se banalise au gré de la multiplication des pressions du rendement immédiat et de la précarité des emplois et des situations. En dehors d’instants protégés, le week-end, en vacances, ou à des occasions particulières, le repas en souffre. Des trois repas, le déjeuner est souvent expédié par un sandwich sur le pouce et le repas du soir vite expédié, surtout quand les deux parents travaillent, ou que la famille est monoparentale. Même dans les foyers où la femme ne travaille pas, la motivation, l’envie de cuisiner n’est pas toujours là. Culture ambiante du « régime », de « la ligne », bien manger s’efface, durant la semaine, des références familiales. Résultat, même si elle occupe une place intermédiaire en Europe, la France n’est pas épargnée par la croissance – de 2% par an en moyenne – du surpoids et de l’obésité chez l’enfant, au point que ce problème soit devenu une des premières priorités de santé publique. La prévention de l’obésité fait désormais partie de la loi de santé publique votée à l’été 2004, avec notamment l’interdiction des distributeurs automatiques de boissons sucrées et de confiseries dans les établissements scolaires, la réglementation de la publicité sur les produits sucrés ou encore la surtaxe des mélanges alcoolisés et sucrés. En mars 2005, une proposition de loi supplémentaire a été déposée, demandant, outre la création d’observatoires, l’organisation d’une campagne nationale de sensibilisation aux risques d’épidémie d’obésité. De fait, si rien n’est fait pour limiter l’obésité chez les enfants, la France pourrait atteindre le niveau actuel des Etats-Unis vers 2020 !

Evitons les remèdes pires que le mal

L’obésité des enfants et des adolescents est un mal du siècle. Il augmente en Europe de 2% par an et n’épargne aucun pays. Les mères et les grands-mères ne doivent ni culpabiliser ni paniquer à l’excès. D’ailleurs, ce fléau, car c’en est tout de même un, est, avec 18% d’enfants en surpoids, dont 4% d’obèses, moindre en France qu’aux Etats-Unis, en Allemagne, en Finlande, en Grande Bretagne ou en Espagne. Alors, même si la Suisse et les Pays-Bas ont une prévalence plus faible, il existe bien une exception française. Pour quelle raison ? D’abord parce que nous partons d’un niveau d’obésité bien plus bas. En 1955, 15% des jeunes américains pouvaient être considérés comme obèses contre 3% des jeunes français. Alors, au lieu de dramatiser le surpoids, nous devrions valoriser la tradition de la cuisine familiale française ! Même si les fast foods ont, logiquement, traversé l’atlantique, notre culture est différente et bien plus riche en équilibre. On sait depuis longtemps, encore et pour combien de temps ce que « bien manger » veut dire. C'est-à-dire par plaisir familial ou en société, ou pour soi, selon ses propres goûts, en sachant s’arrêter quand nous sommes rassasiés. Ce sont ces savoir-faire alimentaires qui sont notre dernier rempart contre l’américanisation de notre alimentation, sous couvert de diététique, de restauration rapide, d’absence de culture et de savoir-faire. Les remèdes en vogue ont fait plus de mal que de bien. L'énergie de croissance et d'entretien permet la synthèse de molécules organiques très complexes : glucides, lipides et surtout protides nouveaux, En trente ans, les recettes à succès sont passé de l’interdiction des glucides et la recommandation des protéines au tout glucidique -lent, à la chasse au lipides et à une méfiance pour les viandes. Dans le même temps, des débats s’engageaient sur les graisses cachées, l’alimentation dissociée, de multiples vitamines, les folates, le fer, le zinc, etc…

Manger est un sentiment

Oui, manger est un sentiment, et même une émotion. Mais est-ce une raison de tout jeter ? Il est vrai que les fameux oméga 3, des lipides ou acides gras dits « essentiels » que notre corps ne fabrique pas et que l’on trouve principalement dans les poissons gras, le colza ou le soja, et qui ont la propriété, grâce à l’acide alpha-linolénique, d’agir en limitant l’effet du stress sur l’organisme sont tant recommandés. Ils permettent en effet à notre organisme de fabriquer des cellules qui participent au bon fonctionnement du système nerveux et apportent ainsi une meilleure humeur et de l’énergie.

L’équilibre émotionnel en question

Des études démontrent qu’ils aident à rétablir l’équilibre émotionnel, à redonner optimisme, calme et concentration. Autant que les sels minéraux, les vitamines, les antioxydants ou les stimulants, magnésium, zinc, lithium, vitamine C ou caféine réunis, les omégas 3 ont un grand succès commercial. Captés pas les industriels, les oméga 3 se retrouvent donc prétendument partout, Yaourts, Fromages…Mais qui dit que, pour être sains et efficaces, ils doivent être équilibrés par des Oméga 6 ? Cet acide linoléique et arachidonique, est contenu dans des les œufs, les huiles de Tournesol ou de noix, le maïs, le beurre, certaines viandes ou la graisse de poulet ? En effet, sinon, un déséquilibre se produit. La règle est même de consommer 5 fois plus d’Oméga 6 que d’Oméga 3, si l’on veut diminuer notamment son taux de mauvais cholestérol

Il n’est donc pas question de mettre en cause tel ou tel aliment ou sustenteur, mais d’alerter sur le risque de déséquilibre. Et dans l’alimentation, le déséquilibre est toujours dangereux, surtout quand il est provoqué de façon volontaire, et imposé à l’organisme. Les mécanismes de la faim sont donc comme une horloge, une horloge sensible, qu’il ne faut pas dérégler. C’est ainsi que les régimes et leurs restrictions brutales et successives font perdre la boussole à l’hypothalamus, déclanchant du stress qui entraîne en réalité une prise alimentaire plus importante, et le plus souvent déséquilibrée, comme les aliments plaisirs, gras ou sucrés, véritables extincteurs incendiaires…

Retrouvons le plaisir de bien manger

N’oublions pas que manger est aussi un sentiment, une pulsion, une saveur. Une assiette est un condensé de sentiments mijotés. Le plaisir occupe une place centrale dans la culture et la civilisation occidentale, et il y engage d'abord tout l'édifice moral. Comment l'éviter ? Faut-il le rechercher, le situer, le doser ? N’est-il pas le sens aigu de l’alimentation parfaite, celle qui sustente le corps et l’esprit ? Tout équilibre est une synthèse entre le physique, le psychique et le social, soit le fait d’être bien dans sa peau, bien dans sa tête et bien avec son corps. L’émotion de contentement est une démonstration de cet équilibre. Cette satiété, et mieux satiété durable : sensation complexe, sentiment d’être repus, d’avoir vaincu l’appétit, de n’avoir plus faim. Impression qui gouverne nos mœurs alimentaires en diminuant de façon progressive après un repas selon notre charge énergétique et les repas que nous avons consommés … c’est elle, le point d’accord entre nous et notre alimentation, soit entre notre esprit et notre corps.

Réhabilitons la cuisine familiale

Les repas pris au domicile, celui du soir, du week-end et le petit déjeuner, les plus domestiques, ne régressent pas et ont même tendance à augmenter, surtout pour des repas pris avec la famille ou des amis. Le petit déjeuner était ainsi pris en 5 minutes en moyenne en 1965 contre 18 minutes aujourd’hui en semaine et 34 minutes en week-end. Il semble que les français distinguent de plus en plus les repas quotidiens et festifs, même si le contenu des repas tend à être simplifié.

La cuisine, un « défaut de transmission » entre mère et fille ?

Nos études ont révélé les différentes façons d’être grand-mère aujourd’hui. Il est vrai que les grands-mères cordon bleu d’antan n’ont rien à voir avec les nouvelles grands-mères du baby-boom qui se sont émancipées des tâches ménagères et ont été les premières à utiliser les surgelés et les micro-ondes. Elles-mêmes n’avaient pas reçu de leurs mères le savoir-faire culinaire familiale et ne l’ont pas transmis à leurs filles. Notre étude» Même loin, grand-mère est proche » publiée en 2004 a ainsi révélé que si 65 % des grands-mères sortaient au restaurant avec un petit enfant, seules 45 % d’entre-elles faisait la cuisine pour leurs petits-enfants.

Troubles alimentaires, perte de sens, familles éclatées, TV et Play station, précarité

Faute à la vie, faute à personne, des souffrances se révèlent au sein même de la famille. Ces souffrances ont souvent une traduction alimentaire, par le contrôle des besoins ou dans la spirale anorexie / boulimie. Avec l’anorexie, l’enfant sujet contrôle son besoin alimentaire pour ne pas dépendre de ses parents objets. Il s’oppose violemment à sa mère nourricière réelle ou signifiée. Une relation complexe se construit sur un double registre : Je te tiens doublement, parce que je refuse ton lait et parce que tu as besoin de moi. La quête de sensations – la faim maîtrisée– se substitue à l’amour maternel et fait exister le corps en souffrance comme un rempart. Dans la boulimie, la nourriture est également un substitut de relation sur un autre registre « Je suis plein et je n’ai pas d’autres besoins » Une autre façon de tenter de garder le contrôle sur soi et de mettre à distance ses relations affectives. La toxicomanie, ou d’autres formes de déviances sexuelles révèlent ce même mal d’être, angoisse de séparation ou difficulté à retirer de l’affection d’une relation. Car manger est à la fois un sentiment et un acte physique.
Le besoin de repères alimentaires
On ressent de la faim, ce qui nous décide à manger. Le reste dépend de notre état psychique et matériel, de la situation, de notre propre volonté. Les pertes de sens, les recompositions familiales, la suprématie de la télévision et des jeux vidéos, l’inquiétude du lendemain et les difficultés matérielles ont donc un impact sur l’alimentation. En vingt ans, les pratiques alimentaires des français et des françaises se sont profondément modifiées, notamment pour le repas du midi. Celui-ci est de plus en plus fréquent à l’extérieur du foyer mais simultanément de plus en plus court, diversifié ou même supprimé. Le grignotage se profile et s’installe en parallèle, grâce à une disponibilité continue des aliments et à l’abaissement de leur coût notamment. Ce grignotage n’est pas sans conséquences sur la santé et la prise de poids. D’où la nécessité de prendre conscience de la réalité et du rôle des repères alimentaires familiaux, et notamment du recadrage de la grande maternité. Mais cette modification visible ne doit pas occulter celles qui, moins visibles, ne sont pas les moins insupportables et gangrènent la société et le monde. Ces centaines de milliers de personnes qui, en France au 21eme siècle, ne mangent pas à leur faim, ces enfants de familles pauvres qui, dès leur jeune âge, sont défavorisés. On ne peut parler d’alimentation sans promouvoir l’autosuffisance alimentaire, de son palier à l’autre bout du monde. Une « nouvelle saciété » est naturellement un appel à une « nouvelle société » où la faim sera enfin vaincue, où l’équilibre et la satisfaction alimentaire seraient atteintes.

Car, si l’on se restreint volontairement, si on ne mange pas à midi, dans les bureaux, ce n’est pas parce que l’on est dans l’impossibilité de le faire ! C’est un choix, libre, mais qui lance un débat utile sur la société que l’on construit par ses choix. Initiée notamment par la productivité accrue et la féminisation du travail, indépendamment de l’augmentation du temps libre, cette « révolution du midi » qui passe part du jeûne, et passe par un repas frugal, ou un déjeuner sur le pouce, touche désormais le comportement des deux sexes, toutes les catégories sociales et professionnelles confondues, et à tous les âges actifs.Elle s’accompagne paradoxalement par un renouveau du goût, du repas plaisir et une attention portée à l’équilibre alimentaire. Mais elle n ‘est pas compensée par un retour de la pratique culinaire en famille, même si l’on constate un retour de la « cuisine »

Analyser le vécu quotidien, ne rien cacher des zones de tension

Notre étude révèle aussi de nombreuses zones de tension ou de conflit. Il y a d’abord les différences notables selon l’âge des petits enfants. Quand l’enfant a moins de trois ans, les Grands Parents ont surtout un rôle de garde, mais dès que celui-ci peut percevoir l’avantage que peut lui procurer ses grands-parents et notamment sa grand-mère le jeu change. L’enfant sait que ce qui est interdit à la maison ne le sera pas forcément chez mamie et certains, plus turbulents, n’auront pas à reproduire un jeu de « toute puissance » pour ne pas reprendre le terme controversé de « tyran ».

« Mon petit Pierre, je ne peux rien lui refuser. Alors je ne le dis pas toujours à ma fille, car elle n’aime pas que je le gâte ». La « comédie » des repas change de registre chez mamie. « Chez mamie, je peux mettre mes coudes sur la table » ou, au contraire, l’enfant n’est plus le même et reçoit la contrainte comme un échange avec sa grand-mère qui, souvent, n’est pas avare en récompenses et en gâteries.

En fait, la compétition, inconsciente, latente ou déclarée, entre la grand-mère et sa fille mère trouve, avec le repas, un cadre révélateur. Il y a bien sûr des différences entre les situations. Les zones de conflits potentiels seront différentes selon que la mère est ou non au foyer, selon son degré d’implication dans la fabrication des repas, selon le nombre de frères et sœurs, selon l’âge des enfants et bien sûr selon le degré de proximité qu’elle a avec sa mère, et, encore plus, avec sa belle-mère.

Mais n’hésitons pas à dire que ce conflit devient oral dès qu’il s’agit d’ouvrir la bouche au petit enfant, que ce soit pour la tétine, le dessert ou la soupe.

L’arme culinaire

Un simple bonbon peut créer la polémique : « ce n’est pas ma mère qui l’emmènera chez le dentiste ! ». Mais la vexation de la fille peut aussi être plus profonde. En effet, la compétition peut devenir inégale entre une mère qui sait cuisiner et une mère qui ne sait pas cuisiner. « Chez mamie, c’est meilleur qu’à la maison ». Cette compétition sera d’autant plus mal vécue si la mère a le sentiment de n’avoir pas reçu d’éducation culinaire de la part de sa mère, ou si c’est la mère de son mari qui use d’un talent qu’elle n’a pas. Les grands-mères savent utiliser l’arme culinaire pour attirer, retenir, bref pour faire saliver ses petits enfants. Mieux qu’un tricot, un bon dessert, des chocolats ou des confitures confectionnées avec amour par la grand-mère lui apportent à coups sûr la reconnaissance du ventre. Mais ce pouvoir sera démultiplié dès que, jeune adolescent, le petit enfant trouvera une réponse appropriée à sa fringale, goûtant des plats mijotés avec d’autant plus de plaisirs qu’il ne viennent pas du frigo de ses « vieux ».

Les friandises qui consolent

Plus que ses parents, qui ont à gérer les aléas du quotidien, les grands-parents ne supportent pas de voir le petit enfant pleurer et ne vont pas hésiter à prévenir à l’excès tout état d’âme de leurs petits. Parfois, tout est bon pour consoler le petit enfant, un jeu, mais aussi et souvent une friandise, au grand dam de la maman. Il n’est pas rare non plus qu’un séjour prolongé chez la mamie se traduise par une prise de poids du petit, aussitôt constatée… et reprochée.

Mamie Gâteaux

Mais il n’y a pas que les petits enfants qui soient gourmands. Souvent, avec l’age, la retraite et la grande maternité, les interdits tombent, même si l’on doit « faire attention », sans sucre, sans sel. Les grands-mères gourmandes aiment se déculpabiliser en impliquant leurs petits enfants dans leur propre gourmandise.

La guerre des grand-mères

Mais il y a aussi des tensions entre les grands-mères maternelles et paternelles, surenchère, différences d’âge, de tempérament, de proximité avec son petit enfant. L’enfant sait utiliser cette rivalité « Mam est plus gentille que toi » pour obtenir bonbons et autres friandises chez l’une … et chez l’autre.

La table qui compense

Parfois, les grands parents sont désarmés face à une réaction « inexplicable de leur point de vue » du petit enfant, furieux que sa passion soit ignorée par ses grands-parents, qu’il s’agisse d’un jeu vidéo, un sport ou une musique. La tentation est alors forte pour la grand-mère de compenser par une excellence dans son domaine réservé, qui est souvent servi à table ou à goûter.

La satisfaction des caprices

Parfois, le long travail des parents pour faire comprendre que papa et maman doivent être à la fois « bons et méchants » est ruiné par la grand-mère qui se réserve le beau rôle par plaisir et comme prix de sa disponibilité. Le menu est alors souvent adapté aux désirs des enfants.
La mama

Paroles d’ici et d’ailleurs sur les grands-mères gourmandes
Le coin d'une table, le frémissement de la casserole, son tablier, la cuillère qu'inlassablement elle tournait... et quelques fois nous tendait afin de goûter... Souvenons-nous de nos grands-mères d’ici et d’ailleurs… exemples :

Portrait d’une mama italienne

Charlotte : « Ma grand-mère disait « Quand il y en a pour un, il y en a pour dix » Jean-Pierre : « Anna, puisque c'est son prénom à ma " Mamma " a préparé l'une de ces petites sauces dont elle a le secret, une recette de sa mère, de sa grand-mère.
Les oignons émincés sont frits à l'huile d'olive de " la casa ", puis Anna ajoute une poignée de basilic ciselé, des tomates émondées en cubes, un petit piment écrasé , et un peu de sel et de poivre, puis elle surveille d'un œil attentif cette longue cuisson en remuant régulièrement. Je glisse les pieds sous la table, déplie la serviette et me fais servir … L'assiette est copieuse, les papilles s’agitent, un instant attendu, inoubliable ! Le parmesan râpé rehausse encore mieux ce simple plat de pâtes. A peine j'ai terminé, que la " Mamma " me ressert une seconde fois malgré mes cris de protestation.
J'ai déjà eu droit à ma deuxième tranche de grillade, elle assaisonne la salade et présente le plateau de fromages qui est prêt : Pecorino, Gorgonzola, Tallegio …
Le doux supplice n'est pas encore terminé, elle nous a préparé son gâteau au mascarpone et elle me donne une part très copieuse. Et comme s'il n'y avait pas assez de calories, la " Mamma " sort du congélateur " una gellato " au chocolat et à la noix de coco ; une glace onctueuse et savoureuse aux parfums subtils. Je n'en peux plus, et cela va continuer tout au long du séjour. J’ai hérité de cette convivialité et de goût pour les maisons ouvertes. Ce dont j’ai hérité de ma grand-mère c’est une leçon de générosité, de tolérance, de partage. Dès qu’elle était là, notre maison était ouverte et joyeuse ».

Le couscous des grands-mères marocaines

Mohamed : « Au Maroc, les mères ou les grands-mères le préparent soit à l’occasion d’un grand et heureux événement, soit chaque vendredi auquel tous les membres de la grande famille sont conviés. Une chose est sûre : on ne peut pas manger le couscous en solo. L’ambiance familiale, conviviale et chaleureuse, donne au plat une dimension festive. Il existe différentes formes de couscous : Couscous à la viande et aux sept légumes ou à l’oignon et aux raisins ou au poisson. Madame a l’embarras du choix ! Bien que ces genres diffèrent l’un de l’autre, ils ont tous un élément en commun, en l’occurrence la graine de semoule. En effet, la préparation de ce plat traditionnel varie d’une région à une autre dans le Royaume. . Auparavant, les femmes préparaient elles-mêmes la semoule. Elles apportaient le blé au moulin pour le faire moudre à la grosseur souhaitée. Ensuite, elles ajoutaient la farine de blé fine aux graines de semoule et les aspergeaient d’eau salée. Elles roulaient les graines entre leurs mains et ajoutaient de temps à autre un peu d’eau et de farine. Aujourd’hui, la semoule bien préparée est vendue en abondance dans le marché, histoire de faciliter la tâche aux femmes de foyer, qui ont du mal à réussir sa préparation. Certaines préparent toujours le couscous à l’ancienne, dans la tradition.

Bibia l’africaine

Mariama : Bibia est le petit surnom des Maria. C’est un album qui rend hommage à mes deux grand-mères qui avaient pour petit nom Bibia. Une de mes grand-mères m’a élevée pendant ma petite enfance. Quelques chansons résument un peu l’ambiance de l’époque, ces instants magiques, ces repas merveilleux que nous préparions ensemble, en Afrique.

Les soupes de soeur Angèle :
"Il faut faire preuve de créativité", lance la dynamique cuisinière. Par exemple, il est possible de remplacer la viande par des légumineuses de temps à autre. "Et il faut surtout éviter le gaspillage! Moi, je fais toujours mes potages avec des restants de légumes, de patates et de viande."La soixantaine de personnes qui assistait à la rencontre, majoritairement des femmes d'âge mûr, ont eu droit à une soupe-repas aux légumes cuisinée par des jeunes âgés entre 17 et 22 ans "inscrits au programme. "C'est une excellente soupe qui revient à 42 sous la portion", a souligné Sœur Angèle. Comme quoi un bon repas peut se concocter à peu de frais. "Le plus difficile, c'est la cuisine au quotidien, lance Sœur Angèle. Quand tu demandes à ton mari ce qu'il veut pour souper et qu'il répond : "n'importe quoi!", c'est difficile de ne pas toujours cuisiner la même chose. On manque d'idées." Selon elle, la notion de manque de temps si employée par certains pour expliquer pourquoi ils ne cuisinent pas est très relative. "On dit qu'on n'a pas le temps de cuisiner, mais on regarde en moyenne 30 heures de télévision par semaine au Québec! Il faut choisir ce qu'on fait de son temps!

Odeurs de la katcha de la grand-mère Ashkénase
Pierre : La cuisine Ashkénaze C’est une cuisine subtile et raffinée, et se caractérise par des ragoûts de bœuf et parfois d’agneau, cuits à petit feu, aromatisés à l’ail et à l’oignon. Les herbes les plus utilisées sont le persil et la ciboulette et l’aneth. Le raifort, ou chrein (la racine), utilisé comme condiment, et les pickles- légumes et fruits macérés et conservés dans le vinaigre- constituent un accompagnement usuel. La combinaison de vinaigre ou de jus de citron et de miel ou de sucre propre à l’Europe de l’Est, notamment la Pologne, donne une saveur aigre douce aux légumes et aux ragoûts de viande. La cuisine d’Europe centrale utilise de la graisse d’oie ou de poulet, ainsi que du poissons fumé ou salé, des ingrédients abondants à toutes les époques. Les pommes de terre du Nouveau Monde se sont répandues rapidement, pour devenir l’aliment de base de nombreux plats juifs traditionnels comme les latkes, knishes. L’orge, les lentilles et la kacha (gruau de sarrasin en semoule ou concassé) sont également des ingrédients très utilisés. Les fruits et les légumes sont souvent employés dans la cuisine juive parce qu’ils sont neutres ou pauvres et peuvent donc être consommés avec des plats à base de lait ou de viande.
Et des boulettes séfarades
Roger :La cuisine Séfarade La cuisine séfarade, à mille lieux de cette cuisine nordique, se caractérise par l’huile d’olive, le citron, l’ail, les herbes aromatiques et parfois des épices très fortes. Les juifs turcs affectionnent la coriandre, l’aneth et l’oignon frais ; ceux de l’Afrique du Nord adorent le cumin et le gingembre séché, et la cannelle est abondamment utilisée dans les plats séfarades salés et sucrés. Les séfarades aiment l’agneau et le poisson des mers environnantes. Les pitas, ou pains plats, se mangent dans tout le Moyen Orient, atour de la Méditerranée et en Inde ; les olives, les aubergines , les courgettes, les tomates, les poivrons et les haricots sont les ingrédients essentiels de nombreux plats. Les pâtisseries à base de pâte filo, de noix, d’amandes, parfumées à l’eau de rose ou de d’oranger, sont plus appréciées que les riches puddings au riz ou desserts lactés du monde ashkénaze. La cuisine marocaine, particulièrement raffinée, témoigne d’influences françaises. Elle associe ingrédients et arômes de la tradition séfarade à des techniques de la cuisine française. Epicée et aromatique, elle emploie le safran, les citron confits, l’ail, la coriandre fraîche et des quantités de cannelle, noix de muscade, gingembre et poivre de la Jamaïque. Le yaourt et le tahini, ou pâte de sésame, sont présents dans tout le Moyen Orient ainsi qu’en Egypte. Les juifs italiens, dont beaucoup vivaient dans les plus anciens quartiers de Rome, cuisinent les pâtes, les boulettes et les légumes à la mode séfarade, ou alla Guidia- à la mode juive. Les juifs Benes Israël, en majorité installés à Bombay, et les juifs de Cochin en Inde du Sud cuisinent généralement selon la tradition séfarade, associant les saveurs indiennes du cumin, de la cannelle, du curcuma, des graines de coriandre et de la cardamome, aux piments et à la coriandre fraîche
Les patates bretonnes de ma grand-mère
Gwenaël : "Les pommes de terre pour les cochons, les épluchures pour les bretons". Cette méchante moquerie parisienne n'empêchera jamais les pommes de terre de ma grand-mère d'être un régal ! Les bretons ne sont pas loin derrière les irlandais pour l'intérêt qu'ils portent à ce tubercule. Par ailleurs, plaise à Dieu que les cochons fussent encore nourris aux pommes de terres. Dans leur "goyen" (pâtée en breton, ou mélange grossier et composite), on mettait les patates trop petites et donc fastidieuses à éplucher pour la table (aujourd'hui, j'irais disputer aux gorets ces délicieuses grenailles, délicieuses pochées puis sautées avec la peau!). Il y a "la bonnotte de Noirmoutier", la "ratte du Touquet", il devrait y avoir également "l'œil-de-perdrix du Léon", car cette pomme de terre rosée aux "yeux" pourpres est sans doute, parmi les variétés traditionnelles, la meilleure.

L’influence de la grand-mère sur le comportement alimentaire de son petit-enfant

La simple présence de la grand-mère met le petit-enfant en appétit. Il veut des gâteaux et mamie en a toujours. Il est un ado dévorant et mamie fait de bons plats. Il a la nostalgie familiale et Mamie sait réconforter ses papilles. 85% des grands-mères gardent ou ont gardé leurs petits-enfants. 66% des grands-mères se sentent très proches d’eux, 65% les emmènent au restaurant et 45% font de la cuisine avec et pour leurs petits enfants. (sondage DRS)

Mais Dans le même temps, Quatre adolescentes sur dix, par exemple, se trouvent un peu (ou vraiment) trop grosses. Elles sautent des repas, mangent « sur le pouce », grignotent, et négligent les activités sportives, alors qu’elles devraient manger équilibré sans s’interdire de temps en temps un hamburger, et en se donnant avant tout l’énergie nécessaire pour se dépenser en courant, sur un terrain de sport, dans une salle de danse ou sur un cours de tennis !

Mais l’obstacle est souvent psychologique. Difficulté d’accepter les changements de leur corps ? Certaines, une sur 100 en moyenne, et un garçon pour dix filles, vont même cristalliser sur la nourriture un mal être multiple, en se remplissant et en se désemplissant, dans des crises, parfois dramatiques, de boulimie et d’anorexie.

Devant le déséquilibre alimentaire des enfants le rôle de la Grand-mère est toujours positif et peut même être décisif

- En suppléant les parents, par du temps de préparation, un savoir-faire.
- Dans l’achat de légumes et de produits choisis
- Dans le cadre d’un soutien logistique et psychologique aux adolescent(e)s
- En étant la dépositaire de la mémoire familiale par la nourriture, par les fêtes et les goûters

Même si elle n’était pas cuisinière, la nouvelle grand-mère rentre dans le rôle sur le tard grâce à ses petits enfants.

71% des français ont appris à cuisiner avec leurs parents et grands-parents… mais 45% ne l’apprennent plus à leurs enfants.

71% des français ont appris à cuisiner avec leurs parents et leurs grands-parents (sondage SEB-BVA, 2003) mais, selon ce même sondage, 45% des plus de 50 ans déclarent ne pas avoir appris à cuisiner à leurs enfants. Ces chiffres pourraient être à l’origine de la rupture de la transmission culinaire apparente chez les 25/34 ans, et confirment le fait que 55% des grands-mères que nous avons interrogées nous déclarent « ne pas cuisiner pour leurs petits-enfants ». Il est vrai que la « dette de gratitude » qui unit un enfant à sa mère se situe mieux dans le futur que dans le passé, faute de quoi la transmission de la vie s’interrompt, soit du fait de la fille, soit du fait de la mère, fixée dans une relation qui l’empêche d’aller de l’avant. La transmission d’un savoir-faire culinaire doit donc aujourd’hui se situer aussi dans l’avenir, et donc concerner la santé et l’avenir de l’enfant.

Nourrir est synonyme d’élever

Dès que l’enfant né, il est « nourrisson ». Allaité ou non, l’élever, c’est le nourrir. Tout au long de sa croissance, il aura besoin de calories. Le moment où le petit enfant quitte la chaise haute pour s’asseoir à table avec le reste de la famille est un rite d’initiation. C’est aussi l’occasion d’une émancipation. Viennent ensuite l’écolier qui avale à la va-vite, proche de son sac à bonbons et, le goûter, qui permet de retrouver ses copains et ses copines puis l’ado affamé qui se bourre de frites, se dépense en faisant du sport, et, qui, garçon ou fille, « meurt de faim », ouvre le réfrigérateur et avale tout ce qu’il y trouve… Souvent, le grignotage ou « snacking », souvent pratiqué devant la télé, coupe l’appétit du jeune, qui, parfois, n’hésite pas à sauter le repas du midi, surtout quant il est pris en dehors de la maison.

Bien nourrir son enfant, un enjeu de santé

Bien nourrir son enfant, c’est, à notre époque, une des premières préoccupations de la mère, qui, souvent, culpabilise, consciemment ou non, de ne pas être assez présente. Il est vrai que l’alimentation des enfants est aujourd’hui bien codifiée, âge par âge, et les progrès de la diététique ont permis d’établir des principes admis par tous les spécialistes. Les connaître et être en situation de remplacer des plaisirs nocifs par des plaisirs positifs est donc un enjeu éducatif autant qu’un enjeu de santé pour l’enfant, d’autant plus que 30% des enfants prennent des en-cas à l’école et 57% à la maison. Comment aller vers une alimentation différenciée, vitaminée et riche en protéines ?

Le rôle de la grand-mère

La grand mère est bien placée pour aider la mère, sur un registre différent et complémentaire. La grand-mère peut par exemple faire participer son petit-enfant à la préparation du repas, d’autant plus que tout ce qui développe le contact concret, régulier, avec l’aliment brut, non commercialisé, est excellent pour l’éducation alimentaire de l’enfant. La grand-mère peut aussi, parfois mieux que les parents, entraîner l’enfant vers le respect des quatre repas et vers une pratique alimentaire saine et équilibrée. Parce qu’elle n’incarne pas l’autorité parentale, elle pourra le faire sans manier les interdits, sans faire appel à la raison avec insistance, sans moraliser ni culpabiliser, sans pénaliser l’enfant, et surtout sans lui retirer le plaisir de manger.

Quelles sont les habitudes alimentaires des français ?

Notre enquête se situe dans le contexte des habitudes alimentaires des grands-mères avec leurs petits enfants par rapport aux moyennes générales. En effet, les pratiques des français évoluent. Même si, en valeur absolue, les dépenses d’alimentation augmentent de 2,3% en moyenne par an depuis 1960, elles augmentent moins que l’ensemble des dépenses du ménage (3,2%) (source INSEE) Les ménages ne consacrent donc plus que 14% de leur budget à l’alimentation pour le foyer contre 28,6% en 1960, mais ils consomment deux fois plus de repas à l’extérieur (cantines, restaurants…) ce budget représentant 20% de leurs dépenses contre 10% en 1960 et 16% en 1980. Environ un repas sur six est pris hors foyer. Au Etats-Unis, ce chiffre est de quatre sur dix. Ne pas perdre le goût de cuisiner est donc aussi un enjeu de société.

Baisse du temps de préparation des repas

En moyenne, le temps consacré à la préparation des repas chute, pour représenter en moyenne 36 minutes contre 44 minutes il y a quelques années. 11% des ménages achètent des produits préparés, 23% combinent le frais et le pré-préparé, 4% achètent des plats cuisinés. 19% des ménages ont eu recours à la livraison à domicile, dont 12 % au moins une fois par mois.

… mais augmentation du temps passé à table

Selon l’INSEE, les français consacrent en moyenne 2 heures 14 aux repas, contre 2 h 02 en 1986. Cet accroissement concerne surtout la part conviviale de ces repas, pris avec des amis ou des parents ( +12 minutes), surtout le week-end. Si les hommes restent 6 minutes de plus que les femmes à table, les hommes retraités prennent 12 minutes de plus que les femmes, alors que les lycéens et les étudiants n’y restent que 2 h 03. Les repas quotidiens sont de plus en plus différenciés des repas de fête, qui retrouve un regain d’intérêt. Ces nouvelles pratiques correspondent aussi à un regain du goût, des saveurs, et de la cuisine-plaisir.

et reconnaissance du petit déjeuner

Du temps est de plus en plus consacré au petit-déjeuner ( 18 minutes par jour en semaine contre 10 minutes en 1980 et… fini le café pris en moins de 5 minutes en 1960. Aujourd’hui, seuls 10% des gens ne prennent pas de petits déjeuners. Si le nomadisme alimentaire se généralise, les repas se déroulant de moins en moins à heure fixe, la composition des menus étant de plus en plus flexible, les connaissances et les préoccupations nutritionnelles s’accroissent, en même temps que se développent les produits biologiques (42% des foyers en achètent désormais). La volonté de ne pas grossir est devenue un phénomène social.

Etudier, approfondir et révéler ce lien alimentaire « mal » connu

La fête des grands-mères est devenue la fête du lien familial. Depuis trois ans, elle est aussi un rendez-vous scientifique grand public. Lors de nos trois précédentes enquêtes, nous avons exploré le lien exceptionnel qui unit les grands-mères à leurs enfants et à leurs petits-enfants. Si la grand-parentalité est une alchimie, nous avons notoirement contribué à en éclairer des aspects méconnus.

L’étude « Grands-mères d’aujourd’hui, grands-mères de demain » a révélé comment la transformation des modèles familiaux avait modifié le désir et la façon d’être grand-mère, aujourd’hui. L’étude « Même loin, grand-mère est proche » a exploré les contenus des liens existants entre les grands-mères et les petits-enfants, les activités faites en commun, les modes de communication à distance, écrit, téléphone, mais aussi l’émergence des nouvelles technologies, portable, SMS, e-mail… La dernière enquête» Grand-mère, ma complice, ma confidente » a révélé le soutien psychologique et matériel que les grands-mères pouvaient apporter à leurs petits-enfants adolescents.

C’est donc en cohérence avec nos travaux précédents, et à la lecture de leur analyse, que nous approfondissons le sens et la portée d’une activité privilégiée entre grands-mères et petits-enfants, mais aussi entre les grands-mères et l’ensemble de la famille : les repas pris en commun et les liens créés par la cuisine et la nourriture.

Ce thème est d’autant plus pertinent que Grands-mères et petits-enfants se rencontrent très souvent. Notre étude « Même loin grand-mère est proche » avait ainsi révélé que une grand-mère sur deux déclarait voire un petit enfant au moins une fois par semaine. Le rythme des rencontres est sans doute encore plus élevé puisque la dernière rencontre déclarée par grands-mères au moment de l’enquête ne datait que de la veille pour 39% d’entre elles et d’une semaine pour 37% : ainsi 3 grand-mère sur 4 avaient vu au moins un petit enfant dans la semaine qui a précédé l’enquête. Autant d’occasion de partager un repas… et combien d’aider à le préparer ?

Notre étude avait aussi révélé que les filles et les garçons n’ont pas la même relation à la grand-mère et au grand-père. On observe des affinités de sexe, bien que la grand-mère reste prédominante auprès des filles comme des garçons. Du côté des petits-enfants il existe une dissymétrie selon le sexe : dans certains domaines, que l’on pourrait considérer comme indifférenciés sexuellement, les petites filles font plus souvent que leurs homologues masculins des activités avec les grands-parents, que ce soit avec la grand-mère ou le grand-père, mais la différence entre filles et garçons est encore plus forte quand les activités se font avec la grand-mère. Il en est ainsi des vacances (62% des filles, 44% des garçons), des week end (57 au lieu de 34), des promenades (69 et 55) ou des sorties au restaurant (72 et 52).

La cuisine, une activité sexuée ?

Il est des domaines plus marqués par la différence des sexes, pour lesquels les activités des filles se font de préférence avec la grand-mère tandis que les garçons les pratiquent davantage avec le grand-père. Un bon exemple est fourni par les activités manuelles, qui peuvent aller du bricolage ou jardinage à la couture ou la cuisine. Quand elles se font avec la grand mère, elles regroupent 67% des filles et seulement 31% des garçons mais ce rapport s’inverse quand elles se pratiquent avec le grand père : elles regroupent alors 46% des garçons et seulement 34% des filles.

A la femme a toujours été dévolue la lourde tâche de nourrir sa famille. D’abord son mari, puis l’enfant au sein, ses enfants, voire parents et parentèle. Aux temps très anciens, ce sont elles qui partaient, dans les forêts et les champs, cueillir fruits et baies sauvages, herbes et racines, champignons comestibles et glaner les grains de céréales. Au sein de la communauté, leur revenaient les tâches d’écraser les grains, de pétrir les pains, de cuire les herbes potagères et racines. Pour toutes ces tâches, elles obtenaient l’aide des plus jeunes filles et des enfants qui n’étaient pas en âge d’accompagner les hommes à la chasse qui apprenaient ainsi à reconnaître les aliments sauvages comestibles, à parfois les acclimater, à se servir des meules et pilons, à pétrir et à cuisiner ensemble divers ingrédients.
Lorsque les populations se sédentarisèrent, le potager remplaça avantageusement la vaste campagne, les femmes, aidées des enfants et des parents plus âgés, entretiennent poulaillers et clapiers, cultivent le potager et le verger dont elles tirent l’essentiel de la nourriture qui vient améliorer les céréales, base de l’alimentation.

Ce travail quotidien se fait en famille, le plus souvent entre femmes qui étaient cantonnées dans les maisons et les jardins à la fois par sécurité et parce que les travaux des champs étaient souvent trop durs pour elles. C’est ainsi que peu à peu se met en place des préparations ordinaires selon des modes propres à chaque groupe social ou familial comme les fameuses soupes quotidiennes pour lesquelles il fallait déployer des trésors d’imagination afin de les améliorer et de les varier. Il y avait aussi des moments privilégiés de travail culinaire communautaire : préparer le cochon en hiver durant les grands froids, cuisiner les repas de moissons, de battages et de vendanges, les fêtes familiales ou religieuses, toutes étaient l’occasion de cuisiner ensemble et d’apprendre à d’autres et auprès d’autres des savoir-faire.
Un patrimoine culinaire
De la sorte naquit un vaste patrimoine culinaire particulier à des pays, des régions, des catégories sociales et religieuses car la religion a eu une influence considérable sur le choix des aliments et les manières de les cuisiner qui utilisent les ressources locales. Il était indispensable pour les filles qui allaient se marier de savoir quels étaient les aliments autorisés et comment les cuisiner en respectant les interdits et les tabous. Et aussi quand les préparer car à chaque fête correspondait un plat. Ceci était particulièrement strict dans les religions juive et musulmane. Et dans les religions chrétiennes, il y avait une cuisine spéciale pour les temps de jeûne. Les jeunes femmes apprenaient de cette manière quels étaient leurs goûts profonds en cuisine, cet apprentissage est également un vecteur de sensorialité et une manière de réguler l’appétit en sachant mieux ressentir les goûts.
C’est une tradition orale, par observation et imitation qui permet aux filles, exclues le plus souvent de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, de connaître les traditions culinaires familiales et régionales (et jusqu’à l’avènement des transports rapides, la cuisine reste régionale), puis par expérimentation de créer sa propre cuisine, de savoir modifier les quantités. Cela permettait aussi d’acquérir des comportements d’achats, de reconnaître les meilleurs endroits où acheter bon et économique. Du Moyen Age au 20ème siècle, le monde rural évoluera peu, contrairement à celui des villes qui verra l’évolution du rôle des cuisinières

La transmission par la nourriture : Un thème important

Au-delà du fait qu’il s’agisse d’un travail inédit, pourquoi ce thème ? D’abord parce qu’il est un domaine privilégié des femmes et donc des grands-mères. Historiquement, il revenait à la femme de s’occuper des enfants et à l’homme d’assurer le revenu du ménage … Malgré les débats des années 70, et le développement du travail des femmes, la part masculine de la cuisine n’est toujours que de 20% (source INSEE), à peine plus (24%) pour la vaisselle… Aussi parce que l’alimentation remplit une triple fonction, nutritionnelle, hédoniste et symbolique et qu’elle est à ce titre dotée d’un pouvoir important, qui a toute sa place dans la relation entre les grands-mères et leurs petits enfants.

De plus, le thème de la transmission par la nourriture correspond à la fois à une réalité vécue, un fait, et à un enjeu de société à l’heure de la restauration rapide et des déséquilibres alimentaires. « La génération soda» constituée des petits-enfants d’aujourd’hui a bien besoin d’une éducation alimentaire. Justement, pour 66 % de grands-mères qui se sentent tr ès proches de leurs petits-enfants, 65 % les emmènent au restaurant et 45 % cuisinent pour eux. Cette relation « autour de la nourriture » est donc centrale. Comment va-t-elle évoluer ? En effet comme nous l’avons évoqué en introduction, si les grands-mères auront toujours plus de temps que leurs filles pour cuisiner, il n’est pas sûr que les « nouvelles grands-mères » soient autant cuisinières que leurs mères. Les habitudes alimentaires changent aussi. Le grignotage non maîtrisé est devenu une cause de surpoids pour les enfants. Quel rôle d’éducation alimentaire peuvent jouer les grands-mères ? En quoi ce rôle est-il complémentaire de celui des parents ?

La nourriture, une clé multiple

Ce thème est une clé multiple. La cuisine fait partie de la mémoire et de l’identité familiale. Il traite de la transmission, ou non, des valeurs. La nourriture étant au centre de la croissance de l’enfant et de son rapport au monde, elle est aussi un enjeu éducatif. Considérés comme récompense, plaisir et même « don de soi », ces friandises et les petits plats sont au cœur du lien privilégié entre grands-mères et petits-enfants. Dans un souci de prévention de l’obésité infantile, le rôle d’éducation alimentaire de la grand-mère est aussi à valoriser. Enfin, c’est souvent autour de la table familiale que se jouent, se nouent ou se dénouent les conflits qui révèlent les relations entre la grand-mère, sa fille ou sa belle fille.

L’imaginaire des « grands-mères gourmandes »

Au 19ème siècle, la comtesse de Ségur avait placé la nourriture au cœur de son œuvre. Au-delà des repas de noces, des fêtes et des tables dominicales, elle fit de la bouche une clé de l’éducation de ses petits-enfants. Punissant par l’estomac les vilains enfants, elle offrait de délicieuses agapes aux êtres méritants.

« Les grands-mères aux fourneaux » peuplent les histoires familiales et fondent les identités régionales, par la transmission de recettes de cuisine traditionnelles. Le souvenir de cafés, d’infusions, de goûters et de confitures artisanales se mélange avec les pot-au-feu, les potées et les pintades. Au temps de nos grands-mères toutes les rivières semblaient poissonneuses et le pain était un pain de ménage, cuit dans le four familial. Les grands-mères profitaient d’ailleurs souvent du jour de cuisson du pain pour confectionner quelques tartelettes, les cuire dans le four encore chaud et d’en gaver leurs loupiots. À la suite des miches, on enfournait ainsi maintes délices : galettes de toutes sortes, chaussons aux pommes, jattées de poires au vin rouge, terrines des dernières cochonnailles et pâtés au potiron, aux prunes et aux pommes…

Biscuit de grand-mère, pomme bonne femme, chou farci façon mère-grand, saumon à la mère Michel, brûlots des veillées… Les grands-mères paysannes, avec leurs grands paniers et leurs vieux pots, mettent toujours en appétit ! Mais ne s’agit-il pas aujourd’hui d’icônes ?

Même si l’imaginaire appartient surtout au passé, ce sont encore les grands-mères qui souvent représentent le pôle de rassemblement de la famille élargie, mettant en contact les cousins, organisant les repas de famille, les vacances ensemble… et ce, au travers des modes et des pratiques alimentaires.

« 1970 / 1990 : Les grands-mères supermarché »

Si le plaisir , et le rituel, des repas de famille reste une constante, la tradition culinaire a considérablement reculé et est en réalité aujourd’hui très peu présente dans la cuisine contemporaine, même si l’on observe un retour de la cuisine.

Les cinquante dernières années ont vu la métamorphose de la ménagère. Après la révolution des arts ménagers de 1950, une seconde révolution « surgelée », au cours des années 80, a modifié les comportements. Le taux d’équipement des foyers en fours à micro-ondes est ainsi passé de 0 à 72% entre 1970 et 2003, et celui des congélateurs de 6 à 55%. (Source groupement interprofessionnel des fabricants d’appareils et d’équipements ménagers).

5°) Perspectives : Depuis une dizaine d’années : Le retour de la cuisine

Mais le « tout prêt » des années 80 laisse progressivement la place à une « cuisine d’assemblage » où chacune ou chacun peut apporter sa touche personnelle. De plus, la cuisine, comme pièce de la maison, joue un rôle croissant comme espace de vie. Elle n’est plus considérée comme un lieu technique et hygiénique, mais comme un lieu de convivialité. Elle s’est agrandie afin que la famille puisse y prendre facilement ses repas quotidiens (80% des ménages) et même y recevoir. L’habitude du grignotage fait qu’elle est souvent utilisée en dehors des repas.

Le cadre est donc posé pour un « retour de la cuisine », et, de façon corrélative, pour la pleine expression du lien « nourricier » entre la grand-mère et son petit-enfant.

6°) Méthode.

Pour traiter ces questions, nous nous sommes inspirés de nos trois précédentes études sur les grands-mères, deux études qualitatives et une étude quantitative. Une enquête qualitative était plus appropriée qu’une en quête quantitative. Il convenait d’interroger aussi bien les enfants que leurs grands-mères et un petit nombre d’arrière grands-mères, et de les faire s’exprimer sur ce thème de la nourriture, sur la cuisine qu’ils font ou ne font pas quand ils sont ensemble, sur leurs conversations (sur ce sujets), sur ce qu’ils apprennent l’un (e) de l’autre…. Un guide d’entretien semi structuré s’est adapté aux situations différentes des familles, et aux différents âges des petits enfants, car il y a bien de multiples voies pour transmettre et tant de différentes situations qui peuvent médiatiser ce lien, l’éducation, la transmission et la construction de soi. L’échantillon fut de 15 grands mères et 14 petits enfants.

Une synthèse et une analyse de ces entretiens a été confrontée à nos hypothèses, et a révélé les ressorts d’une prise de conscience, et dégagé des pistes à approfondir et à détailler.

DRS, Dialogues et Relations Sociales
Paris, 1er mars 2006












Eric Donfu est l'invité du journal RTL Soir de Vincent Parizot
Eric Donfu sur RTL le 22 mai 2008
Ecoutez l'interview de Eric Donfu dans le journal RTL soir de Vincent Parizot Jeudi 22 mai à 18h40
Dans la presse...

Le Parisien
15 juin 2008
Le Parisien
Dans l'hebdomadaire ELLE N°1648 Du 19 mai 2008, Eric Donfu apporte sa contribution au dossier de Sylvie Pasquier...
Dans l'hebdomadaire ELLE N°1648 Du 19 mai 2008, Eric Donfu apporte sa contribution au dossier de Sylvie Pasquier...
Dans le mensuel Marie France n°5165 de juin 2008, Eric Donfu intervient dans le dossier signé par Marie Le Marois sur le thème...
Dans le mensuel Marie France n°5165 de juin 2008, Eric Donfu intervient dans le dossier signé par Marie Le Marois sur le thème...
Sur les ondes...

Chérie FM, Interview Eric Donfu
Interview de Eric Donfu sur Chérie FM par Vanessa Habib, journaux du lundi 12 mai 2008.

Eric Donfu invité de France Bleu Nord à Lille le 13 mai 2008 de 14 h à 15 heures en direct dans l'émission de Effi Pezzotta "les choses de la vie"

Eric Donfu invité de Radio Notre Dame dans l'émission Le Bistrot de la vie de Anne Gavini, le vendredi 16 mai 2008

Eric Donfu invité de Michèle Caron dans "A vous de Lire" sur France Bleu Isère à Grenoble le jeudi 22 mai 2008
Sur le web...

Lechoixdeslibraires.com vous permet de découvrir, de partager les coups de cœur des libraires. "Ces jolies filles de mai" y a été sélectionné, et un extrait mis en ligne.