Actualité

« DESOIFFER », MOT NOUVEAU 2005

Le Havre, 18 novembre 2005

Le festival XYZ... du mot et du son nouveau a consacré hier soir le mot nouveau désoiffer lors de sa quatrième édition qui s'est tenue au Havre, le soir du beaujolais nouveau, comme chaque année depuis 2002. Il s'agit d'un verbe dont la définition fournie par l'auteur est « Mieux que désaltére, ça décoiffe, voir ça arrache, ».

Enregistré par un internaute prénommé Stéphane le 22 septembre 2004 sur le site interactif du festival, ce mot était en compétition avec 96 autres termes nouveaux inscrits depuis le lancement du festival, le 21 novembre 2002. Il a été placé en première position par les 38 participants présents, le deuxième mot étant Sarquosie et le troisième Politoc, ces mots ayant été proposés par Jean-marc Silvestre le 16 novembre 2005. Spontanée, l'assistance, très variée, était composée d'hommes de culture et de théatre comme Albert Perrot ou Yoland Simon, d'élus comme Jean-François Masse, d'étudiants, de jeunes actifs et de retraités, avec autant de femmes que d'hommes. Les personnes présentes ont été invitées à choisir et à classer trois mots . Le vote s'est déroulé de 18 h 30 à 20 heures. Le mot nouveau a été accueuilli pas des applaudissements et a été écrit sur un tableau puis, comme de coutume, à la plume d'oie sur un papier parchemin.

Lancé à l'Alcazar à Paris, il y a quatre ans, le festival s'est réuni cette année au Havre, au café « Le Funiculaire », lieu de mémoire et de convivialité du Havre, qui fut fréquenté par Raymond Queneau, Jean-Paul Sartre ou Raymond Aron. Ce café, situé dans le centre commerçant du Havre est situé en face de la maison natale des « exercices de Style ». Un hommage particulier lui fut rendu, avec des exercices de styles autour de versions inédites, drôle , insolites ou en argot du conte de perrault « Le Petit Chaperon Rouge ».Autour du beaujolais nouveau, la comédienne Ayesha Carmody et le compositeur et achordéoniste Havrais Alain Chapelain ont animé avec Eric Donfu, président et fondateur du festival une soirée où le langage populaire, consacré dans l'actualité des banlieues ces dernières semaine, a été à l'honneur. Ce n'est pas un hasard si les deux autres mots inventés se réfèrent à l'actualité sociale ou politique...

En 2002, le mot élu avait été le verbe « électroniquer » en 2003 le mot « humanicide » et en 2004 le mot « Chaudard ». Avec « Désoiffer » le festival littéraire beaujophile inscrit un verbe nouveau qui exprime bien, depuis 1951, l'esprit des troisièmes jeudis de novembre.Un extrait du livre de René Fallet « le beaujolais nouveau est arrivé » a été lu au cours de la soirée.

Le festival XYZ... du mot et du son nouveau, modeste dans ses moyens, est le seul festival de création et d'invention de mot connu dans le monde francophone. Il est référencé en Belgique et au Quebec et bénéficie du parainage de personnalités du langage comme Raymond Devos.

Rendez-vous le troisième jeudi de novembre 2006. D'ici la, vous pouvez inscrire votre mot sur le site du festival à l'adresse suivante :http://www.lehavreestavous.com/motnouveau

A vos méninges !

Contact : Eric Donfu (06 89 88 62 42)

N°1 MOT NOUVEAU 2005

Désoiffer : verbe(2004) Mieux que désaltérer, ça décoiffe, voir ça arrache, bref, ça pourrait correspondre au beaujolais nouveau !

N°2 : Sarquosie : n. f. (2005) Espèce de patate nettoyée au Karcher surtout distribuée dans les hypermarchés et supermarchés des banlieues. Préférez les variétés que l'on peut trouver sur les étals des maraichers locaux telles : Belles de Fontenay, Charlottes, Francines, Roseval, etc.

N° 3 Politoc : n. m. (2005) Personne qui exerce une activité politique, plus préoccupée de sa carrière personnelle que de "l'intérêt supérieur de la Nation". Ils sont hélas de plus en plus nombreux à gauche comme à droite. Les chacailles sont des politocs.


Succès du 3ème festival du mot et du son nouveau xyz…

« Chaudard » un nouveau mot pour de nouveaux stress

Le festival du mot et du son nouveau XYZ… présidé par Eric Donfu, a consacré, jeudi 18 novembre au Havre, à l’heure du beaujolais nouveau 2004, le mot nouveau « chaudard » adjectif superlatif de « chaud » qui signifie, dans le langage populaire, un climat de tension et de danger. Ce mot a été inscrit le 15 juillet 2004 sur son site internet avec la définition suivante « C’est plus que chaud, ça craint vraiment, il y a du danger ».

Ce mot a été choisi au milieu d’une centaine d’autres mots soumis depuis trois ans par les internautes. Après deux éditions à Paris, en 2002 à l’Alcazar, puis en 2003 dans l’atelier de sculptures sonores de François Baschet, le festival a été accueilli au Havre, au siège de l’association de développement urbain présidée par Eric Donfu « Le Havre est à Vous ». Lors de cette soirée, une lettre de soutien inédite de Victor Hugo à Emile Littré, datée du 26 février 1863, écrite depuis son exil à Guernesey et défiant le conservatisme de l’Académie française, a été révélée. Un dictionnaire du langage abrégé de plus en plus utilisé dans les textos ou SMS a également été présenté. Dans son intervention, Eric Donfu s’est démarqué du linguiste Claude Duneton qui, dans le figaro littéraire du jour, considère que la multiplication des dictionnaires relève d’un besoin d’ordre, de A à Z, du public. L’engagement du festival XYZ… est bien de libérer le langage et la multiplication des dictionnaires témoigne aussi de cette attente de termes différents et nouveaux.

Au cours de cette soirée, animée également à l’accordéon par le compositeur interprète Alain Chapelain, le peintre Patrick Coane, « Paco » a présenté des œuvres récentes, aux nuances de rouges particulièrement proches du grenat du beaujolais nouveau. La comédienne Ayesha Carmody a interprété des textes de Victor Hugo, et d’autres, sur le thème des onomatopées. Jean-marc Sylvestre a présenté un logiciel inédit « la machine à poème ». A la fin de la soirée, Ayesha Carmody et Eric Donfu ont lu ensemble un extrait du livre de René Fallet « Le beaujolais nouveau est arrivé. Une assemblée enthousiaste a accompagné cette soirée haute en couleurs.

En 2002, le mot sélectionné avait été « électroniquer » littéralement « se faire avoir par l’éléctronique » En 2003, le terme « humanicide » qui propose de désigner un attentat meurtrier contre des civils avait été choisi. Les internautes ont maintenant un an pour inscrire leur mot nouveau sur le site www.lehavreestavous.com/motnouveau avant la prochaine édition de ce festival « logophile » le 3ème jeudi de novembre 2005.

19 novembre 2004

DEUXIEME EDITION DU FESTIVAL XYZ DU MOT ET DU SON NOUVEAU

COMMUNIQUE DE PRESSE

« Humanicide » un nouveau mot pour de nouveaux crimes

Le festival du mot et du son nouveau XYZ présidé par Éric Donfu, a consacré, jeudi 20 novembre à Paris, le mot nouveau « humanicide » qui désigne un attentat meurtrier contre des civils. Situé entre homicide et génocide, ce nouveau terme s’oppose au mot terrorisme qui, dans sa définition même, répond au but de terreur qui motive ces actes criminels qui se multiplient aujourd’hui. Humanicide exprime une agression contre le concept même d’humanité ou d’humanisme.

Ce mot a été choisi au milieu d’une quarantaine d’autres mots nouveaux soumis depuis un an par les internautes. Après l’Alcazar en 2002 le festival a été accueilli dans l’atelier de sculptures sonores de François Bachet. Michel Deneuve, musicien, a interprété une composition exclusive sur un instrument cristal. Une campagne pour la réforme de l’orthographe, dans le but de faciliter l’intégration de tous les enfants, a été décidée. En 2002, le mot sélectionné avait été « électroniquer » littéralement « se faire avoir par l’électronique ». Les internautes ont maintenant un an pour inscrire leur mot nouveau sur le site monouveau.net, avant la prochaine édition de ce festival « logophile », le 3ème jeudi de novembre 2004, à Paris et au Havre.

21 novembre 2003
Contacts : Eric Donfu 06 89 88 62 42


Centenaire de RAYMOND QUENEAU VENDREDI : 1 Français sur 2 le connaît et 9 francais sur 10 sont prets a accepter des mots nouveaux.

A l’occasion de l’année du centenaire de Raymond Queneau, né au Havre le 21 Février 1903, X Y Z…, le Festival du Son et du Mot Nouveau et la société d’études et de conseil Panel On the Web publient les résultats de leur étude représentative *menée en ligne. Cette étude portait à la fois sur la mesure de la notoriété de Raymond QUENEAU, et sur l’attitude à l’égard de l’évolution du langage et l’apparition de mots nouveaux.

Les résultats de cette étude démontrent que le personnage de RAYMOND QUENEAU a marqué et continue encore de marquer de son empreinte « l’exception culturelle » française. Il apparaît qu’en moyenne 47% des Internautes Français connaissent Raymond QUENEAU, écrivain et homme de lettres français, au moins de nom. Les femmes sont toutefois plus nombreuses à connaître cette personnalité littéraire que les hommes (52% contre 43%). Les personnes âgées de plus de 45 ans sont logiquement plus nombreuses à connaître cet auteur (58% contre 44% des 25-44 ans).

A noter toutefois que les jeunes générations ne sont pas en reste puisque 47% des moins de 25 ans connaissent ce poète. Influence de l’école ? Face à l’évolution du langage, les Français sont-ils conservateurs ? Certainement pas sur l’évolution nécessaire de la langue. Seule une minorité (7%) – hommes et femmes confondus – déplore l’apparition de mots nouveaux jugés « dégradants ».

Les résultats établissent une hiérarchie claire entre deux attitudes. En effet, les Internautes dont on sait qu’ils sont friands de raccourcis et d’anglicismes sont partagés entre une attitude résignée, « personne ne peut empêcher l’apparition de mots nouveaux (…) » (47% des femmes et 40% des hommes) et une attitude vigilante mais ouverte : oui à l’intégration de mots nouveaux mais à condition que l’enrichissement de la langue y trouve son compte ! (44% des femmes mais 53% des hommes). Une prise de position encore plus affirmée auprès des personnes âgées de 45 ans et plus (56%) !

* étude menée du 15 au 21 Novembre 2002 auprès de 1004 internautes représentatifs de la population des internautes Français sur le genre, l’âge, les catégories socioprofessionnelles, et les régions d’habitation. Vous souhaitez en savoir plus ?

X Y Z … : Le Festival du Son et du Mot Nouveau est un nouveau festival dédié au mot et au son nouveau. Il est programmé à Paris et au Havre en novembre 2003. Il se prépare dès aujourd’hui par la mise en ligne d’un site interactif www.motnouveau.net qui permet d’enregistrer et de proposer son mot nouveau ou inventé.

Panel On The Web est une société d'études et de conseils marketing Click and mortar. PANEL ON THE WEB SA dispose d'un savoir faire dans les trois métiers suivants : les études, le conseil et le développement. La société dispose d'un panel de plusieurs milliers d'Internautes et possède par ailleurs ses propres ressources technologiques pour mener des études sur tous supports numériques ou par tous autres moyens off-line.

Panel On The Web compte parmi ses références clients : Bouygues Télécom, Club Internet, Mercatel, Renault, CCF, INT EVRY, Carrefour, GIE Carte Bleue, Publicis, M6, CPR On Line, ConnectWorld, Oreka, Abc Netmarketing, PEUGEOT, YAHOO, FORTUNEO...


L'EDITO DE ERIC DONFU

Festival du mot et du son nouveau xyz...
Une limamot (1) en hommage à Raymond Queneau

L’Hommage unanime et légitime rendu à Raymond Queneau à l’occasion de son centenaire est une occasion unique pour rappeler sa culture émancipatrice.

La ville et le port du Havre, estuaire de la Seine, sont une terre d’inspiration. C’est au Havre, lors d’un " itinéraire Queneau " devant la maison natale de Raymond Queneau, que j’avais lancé le 12 octobre 1990 l’ idée d’un festival du mot et du son nouveau , avec l’association « Le Havre en Couleurs ». Comme le fit Raymond Queneau, ce festival va associer Le Havre et Paris, et plus particulièrement Montmartre, Montparnasse et Saint-Germain-des-prés, quartiers qui, comme l’océan, ont inspiré les courants littéraires et poétiques qui ont fait vivre les mots d’aujourd’hui, et au-delà, comme l’incite son souvenir partagé, toute la France et au-delà la Francophonie.

20 novembre 2003, journée nationale du mot et du son nouveau

Sur Internet, chaque jour, s’enregistrent des mots nouveaux, matières d’un festival et d’une journée nationale du mot et du son nouveau. Le festival XYZ… programmé à Paris et au Havre, en novembre 2003 se doublera d’une journée nationale, le jeudi 20 novembre, qui sera un appel à projets et à initiatives dans toute la France et dans tous les Pays francophones. Ce rendez-vous a été lancé le 21 novembre 2002, à l’Alcazar à Paris, par la mise en ligne du site interactif motnouveau.net qui permet de remplir un formulaire en ligne pour enregistrer et proposer son mot nouveau ou inventé. Ces mots enregistrés toute l’année seront ensuite récoltés, mis en musique, interprétés, commentés, dans ce rendez-vous studieux et festif, festival de fin d’automne, qui se déroulera chaque année la même semaine que la fête du beaujolais nouveau.

Dans l’esprit de Raymond Queneau

Ce festival s’inscrit dans la poursuite du travail de Raymond Queneau, né au Havre le 21 février 1903 et mort à Paris le 25 octobre 1976. Il s’inscrit dans sa logique : dépasser la banalité du français enseigné par la linguistique et les dictées pour privilégier “ ce que l’on a envie de faire, ce qu’’il est le français... pour soi” Créé l’année de son centenaire, XYZ... reprend le combat de celui dont la dictée en classe d’un texte “ injurieux “ du roman Exercices de styles avait , en octobre 1974, valu une sanction contre le professeur d’un collège de Seine-et-Marne... XYZ...fait référence aux trois dernières lettres de l’alphabet et à leur suite, mais fait aussi aux mathématiques qui abritent l’algèbre. Un thème cher à Raymond Queneau, fondateur de l’ OuLiPo, Ouvroir de Littérature Potentielle, que le sujet X prend Y pour Z amusait...

Raymond Queneau, « un faiseur de mots »

Au cœur de l’œuvre du jeune centenaire Raymond Queneau, et au-delà d’une production littéraire prolixe, il y a les mots. Et fondamentalement, la révélation et la défense du « néo-français », parlé avant d’être écrit, exprimé avant d’être orthographié, imaginé avant d’être dicté.

Sondage exclusif : 47% de notoriété pour Queneau et 92% d’approbation pour le renouveau de la langue !

Un sondage en ligne a été réalisé entre les 10 et 19 novembre 2002 par l’institut Panel on The Web pour le compte du festival XYZ...auprès de 1004 internautes représentatifs de la population des internautes français. Ce sondage comportait deux questions portant sur la notoriété de Raymond Queneau et l’attitude à l’égard de l’évolution du langage et de l’apparition de mots nouveaux. 47% des internautes connaissent Raymond Queneau au moins de nom ( 43% des hommes et 52% des femmes, 47% des 15-24 ans, 44% des 25-44 ans, 58% des plus de 45 ans ) . 8% des internautes considèrent “que chacun doit veiller à préserver la langue Française car l’apparition de mots nouveaux dégrade ce qui fait le charme et la valeur d’une langue déjà riche. 49% pensent que “ il est naturel que des mots nouveaux fassent leur apparition mais que un comité devrait veiller à promouvoir ceux qui enrichissent vraiment notre vocabulaire. Enfin, 43% (50% des 15/24 ans) disent que “personne ne peut empêcher l’apparition et l’utilisation de mots nouveaux : c’est le propre des nouvelles générations d’imposer son style de langage et cela a toujours été le cas.”

Les éditeurs célèbrent le centenaire de Raymond Queneau ? Retenons six dates :

21 fevrier 1903 Fils ( qui restera unique ) de Auguste Queneau et de Joséphine, née Mignot, naissance au Havre de Raymond, qui sera mis en nourrice.

1925 Service militaire de Raymond Queneau et signature d’une déclaration contre la guerre du Rif. Le nom de Raymond Queneau apparaît dans les signataires de la Déclaration fondatrice du mouvement surréaliste français du 27 janvier 1925 « le surréalisme est un moyen de libération totale de l’esprit (…) Raymond Queneau rompt avec André Breton en 1929 mais garde le goût des surréalistes pour l’inventivité verbale et les jeux de mots.

1933 Publication : Première publication : Le Chiendent, prix du café Les Deux-Magots , fondé pour l’occasion. Il fréquente les cours, à Sainte Anne, d’Adrien Borel, Henri Claude, Jacques Lacan et entreprends une psychanalyse qui durera 6 ans, jusqu’en 1939.

1949 Queneau expose des gouaches 1928 –1948 à la galerie Artiste et Artisan. Les Queneau embauchent leur premier chien domestique. Juliette Greco chante « si tu t’imagines » sur une musique de Joseph Kosma.

1960. Décade de Cerisy consacrée à Raymond Queneau. A cette occasion, naissance de l’Oulipo, initialement Selitex ( Séminaire de littérature expérimentale) L’Oulipo veut dépasser la conception traditionnelle de la littérature pour lui reconnaître une vocation à créer de nouveaux langages.

1976 Publication Les fondements de la littérature d’après David Hilbert (bibliothèque oulipienne). Le 25 octobre, à Paris, mort de Raymond Queneau

Ils célèbrent ses livres, rappelons 6 ouvrages clés

Chiendent ( 1933) Un rude Hiver ( 1939) Exercices de Style ( 1947 ) Zazie dans le métro (1959) Cent mille milliards de poèmes (1961) Morale élémentaire ( 1975)

Mais n’oublions pas que, même deux ans avant sa mort, il restait un auteur contesté. (Agence France Presse, Paris, 6 octobre 1974 )

« Dans une question écrite M. Etienne Dailly, Vice-Président du Sénat, expose au ministre de l’Education que, le 10 juin 1974, un texte a été donné en exercice de dictée sous le titre « injurieux » (lire en annexe 2) aux élèves d’un collège d’enseignement secondaire de Seine-et-Marne.

M. Dailly exige des explications du ministre et lui demande bien de vouloir le mettre à même d’expliquer, à ceux des parents d’élèves qui l’interrogent, l’opportunité d’un tel texte et son intérêt pédagogique, que ce soit sur le plan éducatif, que sur celui de l’orthographe ou celui de la connaissance de la langue française.

Dans la mesure où cette opportunité et cet intérêt pédagogique ne paraîtraient pas évidents au ministre de l’Education, M. Etienne Dailly lui demande de lui faire connaître les sanctions qu’il a prises ou qu’il compte prendre à l’égard du professeur responsable et les mesures qu’il a prises ou qu’il compte prendre pour que ce texte – qui est tiré d’un livre intitulé « exercices de style » de M. Raymond Queneau – ne demeure pas au répertoire des exercices de dictée pratique dans nos établissements scolaires. » …

Quel plus beau centenaire, en fait, que ce texte « injurieux » !

Car ils oublient ses mots ! Rappelons , de sa propre bouche, deux défis :

« Puisque la langue française avait beaucoup de mal à dériver des mots, elle a trouvé le moyen de dériver les mots ! » et « souvent, en français, on n’arrive pas à former des mots nouveaux »

Pour Raymond Queneau : « La langue française n’est pas un outil unique à un seul usage »

Dans un tapuscrit de cinq feuillets, daté de 1953, Raymond Queneau fait un inventaire, non limitatif, d’une langue française composée d’au moins « dix langues spéciales », à rapprocher des « douze latinités » énumérées dès le 6ème siècle par le grammairien Virgile de Toulouse. Pour Raymond Queneau « Une langue se compose de mots, mais tous les mots n’ont pas la même valeur, le même usage »

Rappel : Le mot est d’abord un son

Mot (mo), n.m. (lat. vulg. mottum, mot et grognement, du v. muttire, grogner, murmurer). Son articulé, composé d’une ou plusieurs syllabes réunies et exprimant une idée. – Ce même son représenté par l’écriture.

Inventé par qui ?

Nous avons appris les mots sans le vouloir, nous les avons écrits sous la dictée. Ils ont un sens, et désignent des objets : vélo ne veut pas dire cheval. Ils savent être précis, - nominé ne sélectionne que des noms. Ainsi, rangés dans des dictionnaires, les mots , familiers ou consacrés, seraient le produit d’une orthographe et d’une syntaxe de marbre ? Non, ce ne serait pas le signe d’une langue vivante.

Comme l’a écrit Victor Hugo, Le mot est un être vivant

Difficile d’oublier, en parlant de Raymond Queneau, ce vers des Contemplations :

Car le mot, qu’on le sache, est un être vivant. // La main du songeur vibre et tremble en l’écrivant ; // La plume, qui d’une aile allongeait l’envergure, //Frémit sur le papier quand sort cette figure, //Le mot, le terme, type on ne sait d’où venu, //Face de l’invisible, aspect de l’inconnu ; //Créée, par qui ? forgé par qui ? jailli de l’ombre //Montant et descendant dans notre tête sombre, //Trouvant toujours le sens comme l’eau le niveau //Formule des lueurs flottantes du cerveau //Oui, vous tous, comprenez que les mots sont des choses // Ils roulent pêle-mêle au gouffre obscur des proses, //Ou font gronder le vers, orageuse forêt. // Les mots heurtent le front comme l’eau le récif ; // Ils fourmillent, ouvrant dans notre esprit pensif // Des griffes ou des mains, et quelques uns des ailes ; // Comme en un âtre noir errent des étincelles. // Rêveurs, tristes, joyeux, amers, sinistres, doux, // Sombre peuple, les mots vont et viennent en nous ; // Les mots sont les passants mystérieux de l’âme Victor Hugo Les contemplations, I, VIII

Les mots naissent et disparaissent et peuvent avoir plusieurs sens au cours de leur existence. Ainsi le mot journal était à l’origine un mot agricole définissant une mesure agraire comprise entre 25 et 65 ares que l’on pouvait labourer en un jour, et le chèque, un petit rongeur du Mexique doué d’un appétit féroce et qui meure souvent faute de provision ! Lapsus ou mots d’esprit ils peuvent aussi être indocile. voyager, se métamorphoser, avoir un double sens.

Les dictionnaires ne sont que « l’archive d’un état de la langue »

Les mots ne sont pas là pour mettre un ordre dans le monde. Ils ne sont pas tous inventoriés, rangés comme « entrées » dans les dictionnaires, qui seraient une autorité du « prêt à parler ». Le Français ne vient pas que du latin ou du grec. Toutes les choses n’ont pas leur mot. Tous les sens n’ont pas leurs sons et leurs syllabes. Le choix des mots constituant la nomenclature d’un dictionnaire est un acte délibéré. Comme l’écrivait déjà Eugène Littré (L.1876) ) “ C’est en essayant de dresser le catalogue des mots que l’on reconnaît bien vite qu’une langue vivante est un domaine flottant qu’il est impossible de limiter avec précision”.

Même thèse, près d’un siècle plus tard, pour Raymond Queneau « C’est en essayant de dresser le catalogue des mots que l’on reconnaît bien vite qu’une langue vivante est un domaine flottant qu’il est impossible de limiter avec précision » Moi, je ne cite les linguistes qu’à l’appui de ma thèse, enfin…à l’appui de ce que moi je sens, à savoir que j’ai envie d’écrire dans la langue qui est vivante, dans la langue de tout le monde ; je n’ai pas envie d’écrire en latin…Quelquefois cela me démange, j’aurais envie d’écrire en latin, cela me plaisait assez… Mais enfin, quand même, la langue dans laquelle on veut écrire, c’est sa langue dite maternelle. Or ma langue maternelle, ce n’est pas du tout le français disons académique, le français scolaire, le français périmé qui continue à être enseigné.

J’ai été toujours frappé par la qualité, l’autonomie du langage parlé. J’ai pris des notes, étant enfant, sur les mots spéciaux au patois havrais, à la langue populaire qui se parlait au Havre. Et puis, d’autre part, je ne sais pas, c’est un enregistrement inconscient. J’ai toujours eu le goût pour l’observation, en effet, de ce langage. ( Entretiens avec Raymond Queneau, Gorges Charbonnier, février / avril 1962.)

Audacieux en 1787 , le vénérable dictionnaire ne peut suffire en 2003. Pour lui, l’usage prime toujours sur le mot. C’était vrai il y a un siècle, mais ce ne ressemble plus à notre époque instantanée. L’usage est en question. S’il faut toujours 60 ans à l’Académie française pour insérer un mot nouveau dans l’édition de son dictionnaire, il suffit d’un succès populaire, à la radio et à la télévision, pour que des expressions et détournements de langage entrent à leur tour dans l’usage de l’instant…et tout naturellement dans les dictionnaires de rentrée. Les mots de XYZ… seront vierges de tout dictionnaire, sauf le buissonnier.

Emanciper le langage

Il existe une langue « retranchée », fidèle au latin ciceronnien, qui si elle le pouvait, compterait encore aujourd’hui en francs mérovingiens. Le combat de Raymond Queneau reste d’actualité : émanciper le Français pour sauver le Français.

Créer de nouveaux mots

Chaque année, plus de deux mille « nouveaux mots » sont ainsi publiés dans les dictionnaires de rentrée, alors que l’Académie Française n’en retient que 50 000 en soixante ans. L’INPI, institut national de la propriété industrielle enregistre 50 000 noms nouveaux de marques chaque année.

L’invention-aiguillon

Il s’agit bien de repousser les limites de l’invention du mot, de garder au mot sa puissance évocatrice, créatrice, épicée, de démultiplier sa sonorité, sa résonance, son pouvoir. Il ne s’agit pas de se limiter à l’ exercice libre, au mot d’enfant ou aux perles rares, mais aussi de mener des combats contre l’usage d’un mot en proposant un autre mot, plus clair, plus évident, moins blessant,ou mieux adapté au sens voulu. Pour s’imposer, ce nouveau mot devra donc être pensé, légitime, mais aussi plus vif et sonore que le mot usité.

Il existe plusieurs catégories de mots :

Tout mot est un signe, qui peut être simple (pain) ou composé (gagne-pain). Le mot est formé de « formants » qui touchent à l’expression, au contenu et à la syntaxe. Il est composé d’un objet, qui peut lui-même être circonstant ou caractérisant. En fait, au delà du verbe, les mots, et la composition de mots, sont fait pour une grande récréation verbale, dont Raymond Queneau fut un fameux chef de bande !

Rendez-vous en novembre 2003 avec Raymond Devos, premier parrain :

Raymond Devos ne prend jamais un mot au pied de la lettre : “ Qui tuer” deviendra “qui tu es ?”. Pour lui, les mots servent aussi à égarer l’esprit, au delà du jeu de mots : “ l’aventure des mots est une chose extraordinaire. Une résonance ouvre tout d’un coup une porte qui s’ouvre sur une autre porte qui s’ouvre encore sur autre chose...et quand vous voyez que la dernière porte vous mène à la première c’est gagné” A 80 ans, Raymond Devos trouve toujours l’autre face du mot qui met son public “ sens dessus dessous”... Le parrainage exceptionnel de Raymond Devos pour la première édition annonce un spectacle avec des “ sacs de mots “ et des “ verbes à trois pattes”.

Un collectif du mot et du son nouveau

Un collectif d’une vingtaine d’amoureux des mots et des sons se profile. Il associe des hommes et des femmes aux profils variés, d’expériences et de compétences reconnues. Ce collectif organisera des rencontres thématiques au cours de l’année et conduira des études sur la création de mots. Il aura le privilège de décrypter les mots nouveaux sortis du site motnouveau.net qui feront date ou usage. Il s’agira de leur donner un minimum de nomenclature, une définition, une syntaxe, une phonétique. Vivants, tous les mots recueuillis seront livrés sans exclusive à des ateliers d’écriture et de création ludiques et pédagogiques et, directement, à la population. Ils seront l’objet de textes, de phrases, de poèmes et de chansons. Le public écoutera aussi des sons et des mots nouveaux intégrés et énoncés par des auteurs et des artistes.

Un projet artistique

La programmation artistique réalisée par Vanina Michel, comédienne, auteur compositeur interprète, rassemblera des générations différentes d’artistes. Le but est de faire se retrouver des personnalités différentes dont le point commun est de jouer avec les mots et les sons, chacun dans sa discipline, classique, musique actuelle, électronique . Des auteurs, comédiens, poètes, musiciens, humoristes : Raymond Devos, Vincent Roca, Wally, Juliette Gréco, Loïc Lantoine, la Rue Ketanou, Tryo, Bernard Lubat, les Femmouzes T, Richard Desjardin, Gustave Parking, Dick Anngarnn, Pascal Mathieu, Brigitte Fontaine, Sansanverino, Boris Bergmann, Etienne Roda-Gil, Jacques Higelin, Keren Ann, Michaël Lonsdale, Fabrice Lucchini, Juliette, Philippe Cam... Des textes d’auteurs disparus, comme René Char, Jacques Prévert, Boby Lapointe ou Gherasim Luca seront aussi interprétés. Cette première liste n’est pas exhaustive et la programmation définitive tiendra compte des rencontres, partenariats, opportunités et disponibilités d’espaces, théâtres, salles mais aussi cafés et lieux publics…

Beaujolais, mots et sons nouveaux

Le but est de faire se répondre tous les sens. Les différentes combinaisons entrent en interaction , vin, vibrations, jeux, son, lettres et mots, musique et poésie : Mot et vie, tout simplement.

Eric DONFU

(1) : La limamot li-ma-mô s.f // 1°) Outil imaginaire à faire des mots. 2°) Technique permettant de composer des mots nouveaux.

(2) : Texte Injurieux de Exercices de Styles

Après une attente infecte sous un soleil ignoble, je finis par monter dans un autobus immonde où se serrait une bande de cons. Le plus con d’entre ces cons était un boutonneux au sifflet démesuré qui exhibait un galurin grotesque avec un cordonnet au lieu de ruban. Ce prétentiard se mit à râler parce qu’un vieux con lui piétinait les panards avec une fureur sénile ; mais il ne tarda pas à se dégonfler et se débina dans la direction d’une place vide encore humide de la sueur des fesses du précédent occupant. Deux heures plus tard, pas de chance, je retombe sur le même con devant ce monument déguelasse qu’on appelle la gare Saint-Lazare. Ils bavardochaient à propos d’un bouton. Je me dis : qu’il le fasse monter ou descendre son furoncle, il sera toujours aussi moche, ce sale con.